Author Archives: camille

beauty above all · sophie hunger

le prophète · khalil gibran

Quand l’amour vous fait signe, suivez-le,
Bien que ses voies soient dures et escarpées.
Et lorsque ses ailes vous enveloppent, cédez-lui,
Bien que l’épée cachée dans son pennage puisse vous blesser.
Et lorsqu’il vous parle, croyez en lui,
Malgré que sa voix puisse briser vos rêves comme le vent du nord saccage vos jardins.

Car de même que l’amour vous couronne, il doit vous crucifier. De même qu’il est pour votre croissance il est aussi pour votre élagage.
De même qu’il s’élève à votre hauteur et caresse vos branches les plus légères qui tremblent dans le soleil,
Ainsi pénétrera-t-il jusques à vos racines et secouera dans leur attachement à la terre.

Comme des germes de blé il vous emporte.
Il vous bat pour vous mettre à nu.
Il vous tamise pour vous libérer de votre bale.
Il vous broie jusqu’à la blancheur.
Il vous pétrit jusqu’à ce que vous soyez souples;
Et alors il vous livre à son feu, pour que vous puissiez devenir le pain sacré du festin de Dieu.

Toutes ces choses, l’amour vous les fera pour que vous puissiez connaître les secrets de votre cœur et devenir, en cette connaissance, un fragment du cœur de la Vie.

Mais si dans votre peur, vous ne recherchez que la paix de l’amour et le plaisir de l’amour,
Alors il vaut mieux couvrir votre nudité et sortir de l’aire de l’amour,
Pour vous rendre dans le monde sans saisons où vous rirez, mais non pas tous vos rires, et pleurerez, mais non pas toutes vos larmes.

L’amour ne donne que de lui-même et ne prend que de lui-même.
L’amour ne possède pas, et ne veut pas être possédé;
Car l’amour suffit à l’amour.

Quand vous aimez, vous ne devez pas dire “Dieu est dans mon cœur”, mais plutôt, “je suis dans le cœur de Dieu”.
Et ne pensez pas que vous pouvez guider le cours de l’amour, car l’amour, s’il vous trouve dignes, dirigera votre cours.

L’amour n’a point d’autre désir que de s’accomplir.
Mais si vous aimez et devez avoir des désirs, qu’ils soient ceux-ci:
Se fondre et être un ruisseau coulant qui chante sa mélodie à la nuit.
Connaître la douleur de trop de tendresse.
Être blessé par sa propre intelligence de l’amour;
Et saigner volontiers et joyeusement.
Se réveiller à l’aurore avec un cœur ailé et rendre grâce pour une autre journée d’amour;
Se reposer à l’heure de midi et méditer sur l’extase de l’amour;
Rentrer en sa demeure au crépuscule avec gratitude,
Et alors dormir avec en son cœur une prière pour le bien-aimé, et sur les lèvres un chant de louange.

etty hillesum

(La dernière phrase de son journal.)

On voudrait être un baume versé sur tant de plaies.

2015

Merci à tous ceux qui ont illuminé ma vie encore cette année.

2014-12-31 21.12.46

2015, autoroute du bonheur, à ce qu’il paraît!

Chanter. Chanter Hansel, le Stabat Mater de Pergolèse, Monteverdi, Bach, le Requiem de Michael Haydn, et tant encore. Chanter l’Agneau mystique à Vézelay. Relire Etty Hillesum encore et toujours. Chanter avec un orchestre, avec un piano, seule, avec de grands chanteurs, avec des clowns, avec mes amis (des fois c’est même de grands chanteurs ou des clowns ou même les deux!!), avec mes sœurs et mes filleules chéries… Chanter dans un théâtre, dans une église, dans une maison de retraite, dans la forêt devant une caméra, au coin du feu, dans une crèche, sur un plateau, à la proue du Sea dream…

0-20154

Clowner. Clowner avec Nikola Martin et les Chercheurs d’Air et tous les joyeux fous du Sympotruc pas si joyeux que ça juste après le 7 janvier. Rire – ou pas – de la violence et de la guerre. Clowner avec Sylvie Daillot et les patates pour rire! Clowner avec Carole Tallec et Romulo Pelliza. Hurler de rire en faisant du yoga, et hurler de pleurs en faisant du clown! Clowner avec mes frères et mes sœurs chéris à la Fabrique Jaspir – et c’est loin d’être fini!! Pleurer et rire de mes failles et de mes blessures les plus profondes, mais aussi de ma force et de ma douceur.

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Chanter et clowner jour après jour, envers et contre tout, à chaque fois que la vie est difficile, que je sors malencontreusement de l’autoroute et que je me demande bien comment je me suis retrouvée sur ce chemin de traverse. (En même temps, en vrai je crois que je préfère les chemins de traverse à l’autoroute, et puis il paraît que ce serait bien que je sois patiente…)

Chanter et jouer avec les très vieux et les tout petits. Donner et recevoir.

2015-12-02 11.54.27

Emmener tout ça au fond de mon cœur dans mes visites printanières aux soins intensifs. Retrouver ma famille unie, aimante et forte sous l’épreuve.

Voyager. Sillonner la France, aller là où la vie m’amène. Retrouver le lien avec la nature. La mer, la forêt, la neige, le soleil. Traverser les frontières. Nager avec les dauphins de Sataya.

0-20152

Rencontrer. Rencontrer celles et ceux qui m’aident à affronter mes peurs les plus profondes, à lutter avec mes démons, encore et toujours, et à me retrouver. Qui m’aident à découvrir que confiance, douceur et patience sont aussi là tout au fond de moi. Rencontrer des amis, des frères et des sœurs, partout, au détour de chaque production, de chaque stage, de chaque voyage. S’émerveiller de la richesse de la vie et de tout ce qu’elle nous offre parfois. Rencontrer la lumière, la fraternité et l’amour.

Vivre.

Merci à tous, du fond du cœur.

pour l’amour du nez

Courez lire le beau texte de Marie Huet sur le clown, inspiré par mes amis Rosalie et Fernand (Plumo)!

je vous souhaite une belle fête des morts

J’ai raccroché le téléphone, tu sais et je suis sortie sur le balcon pour regarder le ciel. Il faisait doux, tellement doux et je t’ai souri à travers cet infini de bleu, parce que cela m’a semblé si évident que tu étais là, que je pouvais presque effleurer ton âme du bout des doigts. Alors j’ai éprouvé une chose nouvelle, j’ai éprouvé cet amour infini qui existe par-delà la mort, j’ai éprouvé ce que je n’avais jamais senti, seulement espéré, et que je vérifiais ce jour-là pour la première fois, grâce à toi. (…)
Désormais nous partageons ensemble ce trésor, et je ne te perdrai jamais de même que tu ne me perdras jamais, car nous vivrons toujours l’une dans l’autre de ce que nous avons partagé ensemble, et nous reprendrons d’autres conversations, je te parlerai et tu me parleras dans le silence de la nuit, dans la fleur de lis s’épanouissant dans le printemps, je te parlerai en regardant le soleil, en accouchant de mon petit garçon, en caressant son corps de nouveau-né, je te parlerai en courant vers la mer, et en buvant du vin, je te parlerai en lisant et en souriant à celui que j’aime, en embrassant ma fille, en écoutant la peine des uns et en accueillant le bonheur des autres, je te parlerai en m’endormant épuisée du devoir accompli et en me réveillant heureuse, en refusant toujours de me laisser aller à la complaisance et au jugement facile, je te parlerai en faisant l’amour et en regardant la lune, en honorant ma soif, en regardant tes enfants grandir et s’épanouir dans leur vie, en acceptant aussi de me laisser traverser par cette tristesse de ta mort, je te parlerai en conjuguant ce oui.
Oui, il faut travailler sur soi, oui, la foi est un rempart de lumière et la mort un passage.

Lorette Nobécourt, Pour Claire

ah! perdona al primo affetto · von stade & popp

the most extraordinary scenes

La trève de Noël 1914 à travers la lettre d’un officier britannique à sa famille – @ Letters of note

La fraternité est plus naturelle que la guerre.

in pursuit of happiness · divine comedy

Hey, I’m not the type
To say one thing and do another
And if it’s all right I’d kind
Of like to be your lover
‘Cos when you’re with me
I can’t help but be
So desperately
Uncontrollably happy

rêvé pour l’hiver · rimbaud

L’hiver, nous irons dans un petit wagon rose
Avec des coussins bleus.
Nous serons bien. Un nid de baisers fous repose
Dans chaque coin moelleux.

Tu fermeras l’œil, pour ne point voir, par la glace,
Grimacer les ombres des soirs,
Ces monstruosités hargneuses, populace
De démons noirs et de loups noirs.

Puis tu te sentiras la joue égratignée…
Un petit baiser, comme une folle araignée,
Te courra par le cou…

Et tu me diras : ” Cherche ! ” en inclinant la tête,
– Et nous prendrons du temps à trouver cette bête
– Qui voyage beaucoup…